2 septembre 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

ACTUALITÉS
Le dossier Déïsis par Patrick de Friberg

Le dossier Déïsis par Patrick de Friberg

Je ne vais pas faire ici l’habituelle description biographique, ce serait injurier Fabien Hérisson et sa bonne idée de ce site original. Et puis en hiver, je n’ai pas d’aventures à raconter, j’hiberne, je ne plonge pas, je me planque dans des maisons surchauffées. D’aucuns diront donc, que je fais du gras. J’ai pensé aussi lui révéler quelques secrets d’État, quelques « affaires » à venir pour lui assurer une bonne retraite, mais les temps sont durs, la retraite compliquée, le ciment à prise rapide encore bon marché, alors j’ai abandonné l’idée contre le récit des dessous des cartes de mon arrivée sous les feux du grand théâtre de l’édition.
C’était en 2007. Cela faisait un bout de temps que mes travaux de nègres me démangeaient. Je ne vous parle pas de cette belle poignée de romans publiés sous pseudo. Ceux-là, je pouvais les toucher, je pouvais leur faire subir le test de mon grand plaisir, la visite aux libraires, ce délicieux « Auriez-vous le dernier Mornevert ? Oui ? Vous avez apprécié ? Il vous en reste ?» qui se termine immanquablement par celui acheté, puis rendu, dédicacé au libraire. Je les aime tant ces vendeurs de mes mots… Non je parle plutôt de ces romans écrits pour d’autres, cette quinzaine de belles histoires qui menaient une vie sans leur vrai père, quelquefois anoblis ou décorés, souvent affublés du sourire niais du people qui en massacrait le texte chez un Ruquier ou un autre faiseur de gloire éphémère. On ne peut rejeter sa progéniture même si elle vous a abandonné, encore plus quand elle vous a bien nourri, mais il reste toujours un rien de votre âme qui traîne dans les mains douteuses d’un menteur. Le magnifique écrivain et malchanceux éditeur Francis Dannemark m’en donna l’idée cette année-là. Il voulait publier une dizaine de romans d’espionnage sous la bannière du titre d’un de mes romans, Momentum, avec à la clé la publication de deux de mes manuscrits. La condition était mon apparition au grand jour, sous mon nom. J’étais installé au Québec, mes contrats sous Mornevert tombaient, (j’ai bien dit, messieurs les éditeurs, qu’ils sont libres de droits, hein ?!), je n’hésitais pas, je signais. Le Dossier Déïsis fut édité peu après. Il avait été écrit après mon expérience de la vision de la faim au Soudan et la compréhension douloureuse du mécanisme à double détente de l’aide humanitaire. J’avais promis d’écrire sur ce petit enfant mort près de moi, je ne pouvais que parler d’un rêve qui tournerait forcément en cauchemar. Le jour de l’arrivée de la caisse de mes exemplaires à Maison Rouge restera gravé dans mon cœur. Un véritable choc, de toucher une couverture que j’avais signée, une vraie renaissance, parce que Patrick de Friberg n’était plus un auteur professionnel affûté à la création de jolis synopsis, mais caché derrière d’autres. Je pouvais enfin revendiquer mon état d’écrivain de vocation. (Mon trouble est visible dans l’interview de l’émission Mille-Feuilles) :

Bon, séchez vos larmes, je vous donne un peu d’actions et de la vraie info scoop pour le bon Fabien.
C’est les éditions Goélette qui tireront les premiers pour 2011 – et surtout que je n’entende pas dans la salle un, « messieurs les Anglais, tirez les premiers ! », on est sensible de ce côté de l’Atlantique, très, surtout à l’évocation du maudit souvenir…- , donc, par la sortie d’un roman au tout début du printemps. Il s’agit d’un dossier que m’a confié un ami, ex-officier du KGB, sur un homme politique qui a fait sa vie au Québec comme haut fonctionnaire alors qu’il est né Russe, entré illégalement au Canada dans les années 70. À partir de cette histoire j’ai imaginé qu’il aurait pu devenir premier ministre, peut-être même du Canada en poussant le vice à intégrer cela dans la chute du monde communiste qui a abandonné des hommes partout dans le monde qui ne veulent plus « rentrer »… Le problème fut surtout de lui donner un nom, pas Gagnon, le comptable porte le nom, pas Emond, trop sympas mes voisins, pas Desgagné, il m’en voudrait, ni… Stop ! On est au Québec ! Alors le candidat Gilles Drouin fera, sous peu, son apparition…
Ce sera ensuite juste avant l’été, une autre maison d’édition qui lancera un …. Mais chut, là tu exagères, Fabien, nous tenons tous à ta ligne svelte, point trop d’informations originales, sinon tu grossiras trop vite.

Un commentaire

  1. Camille Dufresnes

    Bravo pour ce texte dynamique et plein d’humour. J’ai lu Le dossier Déïsis et attendais avec une impatience goulue le suivant. Il faut donc se rendre chez nos cousins pour le trouver ? Merci de me rassurer et de me confirmer que le livre sera aussi en vente dans l’Hexagone dont je ne sors qu’à contre-coeur !

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>