25 octobre 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

ACTUALITÉS
Moulin à vent par Sylvie Callet

Moulin à vent par Sylvie Callet

Pourquoi j’ai eu envie d’écrire des polars, après m’être essayée au roman ? Déjà, parce que j’aime en lire : policiers, romans noirs, polars humoristiques ou grivois, j’aime tout – à une époque, j’ai dévoré les San Antonio. Mais cela ne m’empêche pas de goûter aux Jonquet, Izzo, Mankell, Vargas et autre Manchette. Avec également une mention spéciale pour Ruquet, Nogaro et Hanot, auteurs contemporains que j’ai eu la chance de côtoyer et dont j’apprécie le talent. Ensuite ? Eh bien c’est peut-être moins glorieux mais tout aussi motivant : en tant qu’auteur, je préfère l’ambiance des salons du polar à celle des salons du livre généralistes. Eh oui, c’est comme ça, on y rigole beaucoup plus… et on y canonne bien mieux aussi !
Côté écriture, c’est surtout dans le créneau de l’humour grinçant et de l’esprit gouailleur que je me sens à l’aise. Le polar est un formidable terreau pour triturer la langue, revisiter le cliché, coupler le langage de la rue à celui de l’érudit, marier la poésie de l’argot au souffle des poètes. Explorer l’intime à travers les faits de société – et vice versa.
Dans « Moulin à Vent » dont la parution est prévue aux Presses du Midi mi-novembre 2010, Jo, le héros, ou plutôt l’antihéros toulonnais de Un Petit Jaune, se retrouve dans le Beaujolais – région où je vis actuellement. A travers ses aventures burlesques se dessine l’image d’une région viticole qui souffre et d’une bourgeoisie vieillissante. Mais je ne cherche pas à stigmatiser tel ou tel. En perpétuel décalage avec les évènements, Jo navigue entre autodérision, cynisme et naïveté. Ce séducteur libertin et maladroit, rebelle à toute autorité, n’a qu’un désir : attendre sans se fouler que le ciel lui tombe sur la tête. Mais puisque la vie persiste à en décider autrement, Jo se prête au jeu. Sans jamais perdre de vue qu’il s’agit d’un jeu.
Quelque part, Jo me ressemble; il ressemble à quelqu’un que j’aurais aimé connaître. Il ne craint pas le ridicule et navigue à vue dans le dédale des sentiments humains. Son apparente frivolité lui sert de garde-fou et s’il cultive l’art de la farce, c’est pour ne pas sombrer dans une tragique mélancolie. Enfin il a, envers et contre tout, le goût des autres.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>