29 juillet 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

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Opération Goliath par Denis Alamercery

Opération Goliath par Denis Alamercery

Arno Fugiers, le héros de mon quatrième roman, Opération Goliath, est venu dans mon esprit en même temps que je terminais le dernier volume de ma trilogie Ari Ferguson.
J’avais envie d’un personnage plus sombre – Ari était sympathique de tous les côtés – et je ressentais comme un arrière-gout d’insatisfaction… J’ai donc enchainé sur un nouveau polar, partant d’un personnage attachant mais qu’on n’avait pas forcément envie d’avoir tout de suite comme pote. Comme pour tous mes livres, je suis parti à l’aventure, sans plan, sans structure, en avançant au hasard d’une histoire qui se bâtissait au fur et à mesure. Un héros plus tourmenté a aussitôt appelé des méchants plus noirs, j’avais besoin d’opposer à Arno de vrais dingues, des mecs sur qui ils pouvaient tirer sans discuter.
Une fois le bien et le mal mis en place, l’intrigue s’est installée tranquillement et l’écriture a roulé paisiblement durant 4 mois. Au final, je me suis retrouvé avec un héros moins noir que prévu, juste un peu susceptible, un poil teigneux et avec la gâchette plutôt facile… Mais au fond, qui parmi nous ne rêve pas régulièrement de pouvoir faire comme lui ? Arno n’est rien d’autre que la partie reptilienne de notre cerveau qui resurgit parfois, et en fin de compte un chouette type qui pourrait très bien être notre meilleur ami.
Le manuscrit a une histoire assez amusante : il a été envoyé d’abord à cinq éditeurs, deux ont été intéressés immédiatement. J’ai commencé les corrections, serrant les dents et effectuant un boulot de réécriture de plus en plus pesant. Au bout de quelques mois, mon côté Arno a pris le dessus et j’ai tout arrêté… Ras le bol de la censure, des « conseils-qui-permettront-à-ton-livre-d’être-un-thriller-bien-vendable ». J’ai rangé mon histoire sans corrections dans un tiroir… Ne jamais oublier qu’on écrit un roman d’abord pour soi, c’est ce qui fait son âme, et j’aimais suffisamment ce manuscrit brut de décoffrage pour ne pas le castrer sur l’autel du marketing.
Il est resté en sommeil, et je suis parti vivre une nouvelle aventure, l’écriture de scénarios pour la télé…
Un an plus tard, au détour d’une conversation avec Lise, mon agent, je parle de mon affection pour ce manuscrit endormi. Lise m’oriente vers Jean-Paul, son frère, éditeur… Hasard des rencontres, atomes crochus, même vision du roman, une poignée de semaines plus tard Opération Goliath était imprimé par Les Carnets de l’Info.
Christine Revert-Charles est venue ajouter le cahier documentaire qui analyse les réseaux néo-nazis dont sont issus les ennemis d’Arno dans le roman. Elle a fait un excellent travail de synthèse, expliquant tout ce que je n’ai volontairement pas mis dans le manuscrit. Je voulais garder un ton léger et rapide, insérer du documentaire au milieu de l’aventure aurait cassé la dynamique du rythme.
Une suite est prévue – Arno s’impatiente dans un coin de mon cerveau, et on ne fait pas trop attendre un type armé et susceptible – je m’y colle prochainement…

Un commentaire

  1. Monsieur Alamercery, pourrais-je savoir pourquoi vous ne souriez pas sur votre photo ?

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