Te retourne pas, Handala par Olivier Gérard
L’homme de bonne volonté…
Inlassablement l’information déverse sur lui son torrent de catastrophes, de crimes, de scandales, de souffrances, de cynismes, d’épidémies, de sinistres, mais il n’en peut mais.
… A quoi sera-t-il colleté, cet homme ?
… Que peut arriver à cet innocent qui s’est mis un jour en route pour gagner sa liberté, assez fou pour croire trouver l’amour, assez rêveur pour tenter de capturer le bonheur ?
La question s’est imposée à moi, quand j’ai entamé l’écriture de TE RETOURNE PAS, HANDALA !
Evitant l’hexagone fade où clapotent les chamailleries sur de confortables prérogatives, mon regard parcourt le monde voisin où l’incendie fait rage..
Où l’innocent va-t-il être la proie des flammes ? Où se trouve le buisson ardent ?
Mes yeux s’arrêtent sur le conflit qui ne veut pas s’éteindre, sur le brasier dont les bouffées ne viennent qu’incidemment déranger la quiétude d’un occident trop occupé de ses avantages et de son argent : Palestine, Israël.
Voilà la scène de mon drame. Comme dans la tragédie grecque, mon héros y est livré d’avance à la malédiction. Le destin l’a désigné du doigt.
La Terre Sainte, tranchée en deux par des blocs de béton de huit mètres de haut, suffit comme théâtre du drame.
Dévastant les champs d’oliviers, épuisant l’eau jusqu’à l’exténuation, les anges noirs des fanatismes de deux bords, Ismaël et Israël, soulèvent des vents brûlants dont le choc suffira à déclencher l’étincelle interdite, prêts à mettre en pièce mon héros (le naïf qui s’est aventuré là).
Pas besoin, pour en faire un « polar survolté », un « thriller haletant », (pour reprendre les formules si chères aux chroniqueurs), d’un flic dépressif ou d’un brillant serial killer, à l’américaine ou à la scandinave. Dans mon thriller à moi, la vie d’un l’innocent qui entre malgré lui dans la mécanique infernal ne peut être, dans le contexte où il est captif, qu’une doucereuse et lente marche vers l’horreur.
Oui, je veux que cet homme soit séduit, trompé, manipulé, bâillonné, happé et finalement menacé d’être déchiré en pièces s’il ne s’arrache pas immédiatement aux griffes qui l’étreignent.
Car dans ce monde là-bas, c’est tout ce que peut espérer l’homme de bonne volonté, c’est tout ce qu’il mérite !
PS – Ne cherchez pas TE RETOURNE PAS, HANDALA ! chez Gibert ni aux « Cahiers de Colette » ou autres officine du même poil (« Kyklos ?… ah, oui, une petite maison d’édition… mais non, voyons, on ne peut pas commander ! ») .
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