27 août 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

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Tueuse par Annie Barrière et Damien May

Tueuse par Annie Barrière et Damien May

La première fois que j’ai rencontré Damien, c’était dans un bistrot à Marseille. Il m’a dit qu’il avait lu par hasard mon roman Tueuse, qu’il l’avait aimé et qu’il s’était lancé tout seul dans le projet de l’adapter en BD. Il m’a précisé qu’il était parfaitement autodidacte et qu’il n’avait jamais fait de BD de sa vie. Après quoi il a ouvert le carton qu’il portait sous le bras et m’a montré quelques planches un peu maladroites, mais pour moi l’essentiel y était, à savoir l’esprit du roman qu’il avait su transcrire dans ses dessins. J’ai trouvé le garçon sympathique et le projet assez fou pour dire banco. Des quatre polars que j’ai écrits à ce jour, Tueuse est peut être celui auquel je suis le plus attachée, celui où j’ai mis le plus de moi. Je précise qu’il ne s’agit pas d’autofiction et que je ne suis pas tueuse à gages comme l’héroïne de mon récit, je parle d’écriture, de style pour employer un gros mot… Voilà comment l’histoire a commencé. Ensuite Damien a travaillé comme un forcené, il a énormément progressé en se faisant la main si j’ose dire, sur mon texte et le résultat est là. Et il vaut le détour. Je ne suis pas la seule à le penser, Tueuse est une super BD, la première d’une longue série j’en suis sûre, et je suis sacrément contente d’avoir dit banco ce jour-là !
Annie Barrière

Tueuse ! Une longue histoire d’amour. Une histoire qui à débuté dans les rayons d’une librairie en 2003 où j’étais à la recherche de nourriture. Mon regard croise un revolver entre une paire de seins. Je m’arrête ;  « Tueuse ». Je m’approche. C’est une femme qui l’a écrit. Je l’emporte. Au fil des pages je découvre cette tueuse, sans nom, sans passé, sans scrupule, asociale. Impossible que mes lendemains soient sans elle. Il me fallait pouvoir la caresser de mes mains. Pour moi elle était la première, alors mes caresses n’ont pas été toujours très habiles. Il m’a fallu de nombreuses années pour apprendre. Notre chemin ensemble n’a pas toujours été facile. Nous avons mis quelques fois de la distance entre nous, mais nous nous sommes toujours retrouvés. Je dois dire que depuis qu’elle a pris son envol, qu’elle a quitté mes mains, je ne peux m’empêcher d’être à sa recherche. Oui, un peu comme on cherche quelqu’un des yeux tout en sachant que cette personne ne peut être ici.

Comment expliquer plus ? Je ne sais pas. Il y a une phrase à laquelle je pense très souvent. Une phrase que m’a dite une femme quand j’avais 16 ans. Cette femme m’avait accueilli à Moscou et alors qu’on attendait le bus dans la neige au pied d’une barre d’immeuble de la banlieue de Moscou, je lui demande pourquoi elle avait cet amour de Dieu, quelque chose qu’il m’est impossible d’imaginer. Elle me répond : « Si l’on peut expliquer pourquoi l’amour, c’est que déjà il n’existe plus ». Il est parfois des phrases anodines qui marquent l’esprit.

Avec cette tueuse c’est une histoire d’amour. Ni plus, ni moins. Et je ne sais comment remercier Annie de m’avoir offert ce personnage avec qui j’ai partagé tant d’années.
Damien MAY

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