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  • Les gens sont méchants par Ricardo Salvador

    Les gens sont méchants par Ricardo Salvador

    « Elle m’a poussé dans mes retranchements, alors je l’ai poussée dans les escaliers. »
    Voilà. Cette phrase me fait rire, je n’y peux rien, c’est comme ça.
    Je vous jure que j’ai bien essayé au début d’écrire un polar noir.
    Un vrai de vrai. Un noir de noir. Un noir comme les ténèbres. Glauque comme un caniveau luisant sous une lune falote. Sombre comme la destinée des âmes perdues au cœur d’une ville tentaculaire. Un de ces romans policiers où l’on rencontre des assassins cruels, des monstres à l’esprit inventif, voire génial. Où l’on croise des policiers désabusés, amateurs d’opéra lyrique, des policiers qui se sont mis à boire parce que leur femme venait de les quitter où qu’ils ont appris que leur fille se droguait.
    J’en demande par avance pardon aux puristes, mais je me suis vite rendu compte que j’étais incapable de donner dans ce style-là.
    Le noir, pour moi, c’est la couleur de l’humour.
    Hyppolite, le héros -si l’on peut dire- du roman est mesquin, étriqué, vil et sans ambition mais par-dessus tout, sa femme lui sort par les yeux. Sa femme et son chien. Il ne les supporte plus non par pour des raisons philosophiques, pour des conflits d’opinion ou même pour l’amour d’une autre, non. Ses motivations profondes sont viles, mesquines, étriquées. Il en a marre. Il est usé. Point barre.
    N’allez pas chercher une quelconque relation autobiographique dans ce roman, n’allez surtout pas chercher autour de vous un couple qui pourrait ressembler à celui-là. Les couples usés, qui ne se supportent plus, cela n’existe que dans les romans. Heureusement.
    Ne croyez pas non plus que j’ai tenté, par le biais d’un polar de dépeindre mes contemporains, d’analyser la société avec ses travers, son absurdité, sa noirceur. Non, j’abandonne volontiers cette tache aux philosophes, aux sociologues, aux écrivains. Parce que j’ai oublié de vous préciser, je ne suis pas un écrivain, je suis tout juste un écriveur, un raconteur d’histoires. Si ce livre vous fait rire, s’il vous fait frissonner aussi, alors j’aurai atteint mon but.
    Si en le refermant, il vous reste un goût amer ou bizarre dans la bouche alors je l’aurai atteint doublement.
    Et si, en plus, vous vous mettez à regarder vos voisins de travers, alors là…

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