Lyao-ly par Patrice Guirao
Un « polar Noir » à Tahiti ? Noir ?
Alors qu’un camaïeu de bleus balise les horizons…. ?
Ca la fout mal !
Disons qu’on peut tolérer au mieux du « noir azur » …Mais pas du noir, noir !
Un « Polar » tout court à Tahiti ?
Alors que le dernier braquage qu’on a vu là bas, c’était un mec à bicyclette qui a essayé d’intercepter une fourgonnette, pas blindée pour deux sous, transportant les fonds de caisse de Sin Tun Yng, en se mettant en travers de la route et en menaçant le chauffeur avec un couteau de cuisine….
Ca le fait pas !
D’autant moins quand on sait, que finalement le conducteur s’étant aperçu que le braqueur était un cousin éloigné de sa femme, lui a proposé de le raccompagner chez lui en fourgonnette ….lui et le vélo !
Va faire du polar noir dans un pays où tout n’est que lumière !
Même la nuit ces putains d’étoiles te balancent leur voltage à jet continu. C’est pas des leds dans le ciel ! C’est des rampes d’atterrissage !
Côté ambiance on est gâté !
Ha ouais : On aurait les ruelles glauques de New York, les plaines désertiques de Sibérie, les plateformes pétrolières balayées par les vents du large ou les arrières boutiques des clandés de Macao, ….je dis pas ! ….Mais là, on a les bords de mer plantés de cocotiers très polis, qui ne manquent pas de te saluer à la moindre brise, les champs d’ananas ou viennent se poser des petits canaris, quelques jolies pirogues qui somnolent au gré des eaux et des épiceries chinoises où tu peux trouver une réplique de la tour Eiffel tout comme le dernier CD de Lady Gaga ou Boo Bang !
Pas évident la vie de détective dans un pays comme Tahiti !
Mon pauvre Al Dorsey se donne un mal de chien pour joindre les deux bouts et faire plaisir à sa petite amie. Une jolie chinoise manchote. Ben ouais ! Ca arrive. Suffit d’un foutu requin qui traîne là où tu te baignes et c’est vite arrivé.
La pauvre Lyao Ly s’est fait bouffer le bras le jour de ses six ans !
Ca fait une vingtaine d’années, d’accord, mais ça laisse des traces.
Faut pas y toucher à sa Lyao Ly ! C’est pour elle qu’il fait tout ça ! C’est pour elle qu’il bosse ! Pour elle qu’il se jette à corps perdu dans tous les dossiers qui passent à portée de la gueule ouverte de sa bourse vide.
Est ce sa faute, si, quand il s’agit de mener une enquête, il se coltine toutes les emmerdes ?
Ce qu’il veut, lui, c’est un truc pépère. Pas une affaire d’état qui lui prend la tête !
Gagner sa vie quoi !
Mais que ce soit le curé du coin qui se fait refroidir ou le sorcier du district qui veut lui refiler des lanternes, alors qu’il voit bien que ce sont des lentilles, c’est toujours sur lui que ça tombe ! (Les vessies, c’est pas trop son truc.)
Sans parler du passé !! Ce putain de passé qui se met toujours au milieu de la route ! Parfois même en travers de la sienne. C’est pas de la nostalgie : C’est de la persécution ! Quand on a du sang royal marquisien mélangé avec du sang de la petite noblesse continentale qui coule dans les veines ; Faut pas s’étonner si on sent le vent du boomerang passer derrière les oreilles !
Heureusement que le bon Doudou (…ben oui,….le vrai nom d’ Al c’est Edouard…..alors forcément,….. Mamie Gyani l’a toujours appelé : « Doudou »….et comme sur une île tout le monde se connaît…pas facile d’être pris au sérieux avec un pareil surnom !!). Bref. Heureusement donc qu’il n’est pas tout seul dans la galère et que quelques potes rament avec lui : Sando de la crime, Toti le bon vieux Toti, plus crade qu’un doigt de pied. (Lui il s’est fait la belle. Il est sorti des bouquins pour vivre sa vie sur sa page Facebook http://www.facebook.com/pages/TOTI/284111414302 )
La petite couturière du second et aussi sa belle mère, Simone. Enfin sa future, la maman de Lyao Ly . Une femme qui préfèrerait se couper un pouce que de faire du mal à un fantôme et rendrait volontiers visite aux lépreux d’Orofara si elle en avait le temps.
Y a du monde à côté d’Al Dorsey ! Dommage que ce ne soit pas….. que du beau monde !
Les mecs de Don Clemente basés à Boston, le vieux pote à Bonnot recyclé dans la pêche à la mouche, les vieilles fréquentations de son père qui surgissent de l’ombre, un père qui s’est mangé une corde à guitare sur la carotide, et Drucker qui lui envoie un de ces guignols de la télé en quête de célébrité. Ca trafique dur dans son dos !
Alors, bien sur, pas facile de sauver la femme qu’on aime dans ces conditions !
Al, mon pauvre Al !
Le voilà secoué comme dans un tambour de machine à laver. .. et pas grand chose à quoi pouvoir se raccrocher…… Il voit bien un truc à travers le hublot, mais est ce que c’est bien le monde réel qu’il distingue de l’autre côté du plexiglas ou bien une distorsion de la vérité ?
Dans quelle merde est il allé se foutre !!
Faudra bien un troisième volume pour l’en sortir.
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