22 septembre 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

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C’est Bécassine qui assassine par Steve Rosa

C’est Bécassine qui assassine par Steve Rosa

Dans le panorama contemporain du polar français qui semble dominé par le cocktail aussi noir que déprimant banlieue, sexe, drogues and rock’n’roll, j’ai toujours considéré comme essentiel de conserver une place prépondérante à la bonne vieille énigme destinée à mystifier le lecteur. Conserver, toutefois, ne veut pas dire ne pas dépoussiérer. On n’écrit plus aujourd’hui comme à l’époque de l’âge d’or. Si je me refuse à une trame narrative qui conduirait le lecteur à vouloir se tirer une balle dans la tête une fois la dernière page tournée – flûte, la société actuelle n’est quand même pas si noire !! – je n’ai pas non plus envie de mettre en scène des personnages fantoches.
Mon septième roman en date, C’est Bécassine qui assassine, est également le deuxième dossier du juge Barbara Adam, après Déviances. On y retrouve les mêmes personnages récurrents et imparfaits, à l’image des êtres que nous sommes tous amenés à côtoyer chaque jour : Barbara Adam, immature et trop sûre d’elle, le capitaine Pierre-Alexandre de Chanay, confiné dans sa solitude aristocratique et ses échecs sentimentaux, les lieutenants Véronica Debrito, fausse lesbienne et vraie croqueuse d’hommes, et Anis Kehli, vrai homo et vrai rebeu. Une manière comme une autre de percevoir une sorte de société œcuménique dans le prisme de l’appareil judiciaire d’une enquête menée sur tous les fronts, et non pas exclusivement selon le point de vue de l’équipe investigatrice.
Parallèlement, Bécassine s’attache à une intrigue toute en trompe-l’œil et chausse-trappes, sous couvert d’une serial killeuse potentielle qui empoisonne consciencieusement les personnes vulnérables chez lesquelles elle intervient en tant que femme de ménage. Psychopathe ? Ange de la Mort ? Ou bien encore… ? C’est devenu un jeu pour moi à travers mes divers romans de chercher à égarer le lecteur en lui offrant un jeu de fausses pistes destinées à occulter la révélation finale, dans la veine des bons vieux romans à énigme. En filigrane, on trouvera dans Bécassine une réflexion sociétale sur la solitude et la différence, ainsi qu’un tableau – exhaustif ? non, je n’aurais quand même pas cette prétention !! – d’une enquête judiciaire avec ses différents acteurs.

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