2 septembre 2014

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Glacé par Bernard Minier

Glacé par Bernard Minier

Quand j’ai commencé Glacé, c’était avec l’idée de, comme le dit Polanski au sujet de ses films : «cuisiner le plat que j’avais envie de manger». Et Glacé, c’est exactement ça : le décor, l’atmosphère, les personnages, l’intrigue… Je ne dis pas qu’il est parfait mais, globalement et par bien des aspects, ce livre, je l’aime.
Le décor, l’atmosphère par exemple sont des éléments essentiels quand j’écris : aucune idée ne me vient sans que lui soit attachée une atmosphère.
Or, j’ai grandi au pied des Pyrénées, cette barrière à la fois physique et mentale. Quand nous étions gosses, notre Baleine blanche à nous c’était ces montagnes enneigées à l’horizon : on les voyait tout le temps mais elles restaient inaccessibles. Ces vallées, ces sommets, ces torrents, ces tunnels – je les connais, bien sûr, mais l’idée de situer Glacé dans les Pyrénées m’est venue véritablement en regardant un reportage télévisé sur une usine hydro-électrique creusée dans la roche, sous la montagne, à 2000 mètres d’altitude. Un lieu fascinant, un lieu terrible, hostile, déstabilisant, totalement insolite. Presque un décor de science-fiction.
J’ai senti que je tenais quelque chose. Plus qu’un cadre : le début d’un univers. En même temps, le Comminges de Glacé c’est un Comminges réinventé, fantasmé, un Comminges qui n’existe nulle part ailleurs que dans ces pages. L’Institut par exemple, cet endroit sinistre où sont enfermés des fous criminels venus de toute l’Europe : bien que j’y aie mis en scène des pratiques psychiatriques qui ne sont malheureusement pas imaginaires, il n’existe nulle part de lieu semblable.

Par ailleurs, écrire un thriller n’était pas une fin en soi. Mais, dès que j’ai eu ce décor stupéfiant, j’ai aussi eu une image mentale devant les yeux : celle du premier crime. Et de là une deuxième scène, puis une troisième… comme des dominos.
A partir de là, il n’y avait plus le moindre doute sur ce que j’étais en train d’écrire. Un de ses lecteurs m’a dit que Glacé était à la fois un roman noir, un roman policier et un thriller. Je ne sais pas quelle différence cela fait, mais j’aime l’idée qu’il échappe aux catégories.

Une chose est sûre : je voulais que ce soit ce que les Anglo-Saxons appellent un page-turner, un livre dont on ne peut s’empêcher de tourner les pages. De nos jours, si vous n’attrapez pas le lecteur par le col, il a tôt fait de télécharger un film ou de rallumer sa console de jeu. Mais c’est un défi excitant à relever, et ça n’empêche nullement d’aller plus loin dans l’écriture, dans l’ambition, dans la complexité.

Et puis, un livre, ça commence dans l’esprit de l’auteur mais ça s’achève dans celui du lecteur. Le lecteur apporte toujours sa pierre à l’édifice, il s’approprie l’histoire, les personnages, et c’est merveilleux de savoir que chaque lecteur va construire sa propre version de Glacé.
Ce n’est plus mon livre, c’est le leur.

10 commentaires

  1. L’intrigue est bonne mais il y a beaucoup d’incoérence dans le personnage de Servaz. Un flic qui est un bon élément pour sa hioerarchie ne peut pas être aussi nul au tir ou même oublié son arme dans sa voiture lorsqu’il court après un tueur. D’autre part la recharge d’un téléphone portable ne se fait pas en 2 minutes. Mais je le répète l’intrigue esy bonne.

  2. Je suis italienne et j’ai acheté ce livre par hazar cette étè, pendant mes vacances dans les Pyrenés: je remercie le fantastique libraire de Arreau qui me l’a conseillé!! Je l’ai trouvé super, je l’ai aimé beaucoup! J’aime aussi les écrivains du nord Europe, mais ce livre me parait plus proche à nous! Je le lirai encore!

  3. J’ai dévoré ce livre et comme ça ne m’arrive jamais, c’est un signe …..
    Merci pour cet excellent thriller – Vivement la suite

  4. J’ai dévoré ce livre, mais certaines choses m’ont gêné:
    + Le personnage du psychologue que je n’ai pas trouvé crédible et qui s’articule mal avec l’enquête de Servaz et Ziegler
    + La fin qui m’a déçu. Alex, homme expérimenté qui déclenche une avalanche par ses tirs qui emporte aussi la psychologue et le tueur qui sont en principe dans une autre vallée, sans parler de Servaz et Ziegler … ça fait un peu trop.
    Sans parler des rapports entre Servaz,Vincent et Charlène, et un zest de Margot… ça devient lourd.

    Voilà j’ai aimé à 90% de ce livre, et ma critique ne me dispense pas de remercier l’auteur pour le bon moment qu’il m’a fait passé.

    J-Luc

  5. Merveilleux décor à la fois fantastique et d’une réalité glaçante. J’ai lu ces 550 pages assez vite en fait car l’histoire est passionnante ! Bravo ! Du grand art !

  6. Un décor, une atmosphère, une thriller palpitant. Tous les ingrédients d’un best seller.
    Je suis née dans le Comminges au pieds des Pyrénées et j’ai retrouvé des lieux communs..j’étais dans le roman.

  7. rodriguez velar

    excellent , un scénario en or pour mathieu kassovitz

  8. Glacé est un excellent thriller.je pense que cet auteur ne va pas en rester là et en écrire d’autres!!

  9. Je suis espagol est je viens de lire votre livre. INCROYABLE! FANTASTIQUE! Mais ce qui m´a vraiment attaché c´est que par momento j´ai eu l´impression d´ètre presque devant un essai PHILOSOPHIQUE SUR LE MAL.
    Mes félicitations.

  10. EXCELLENT !!

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