21 août 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

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Les écorchés par Véronique Chalmet

Les écorchés par Véronique Chalmet

Les Ecorchés. J’avais le titre en tête depuis longtemps, c’était ma seule certitude de départ. Je ne savais pas où j’allais, je n’avais jamais écrit de roman. J’avais plutôt l’habitude de prendre la réalité à bras-le-corps, avec des enquêtes journalistiques qui m’ont amenée plus d’une fois à frôler l’abîme.
Comme dans Cadillac, l’asile des fous dangereux. Un de mes premiers livres, une expérience d’un mois en hôpital psychiatrique de haute sécurité – un univers fermé où j’ai pu m’entretenir en tête-à-tête avec des tueurs en série, violeurs, assassins d’enfants et illuminés mystiques… J’avais vingt-quatre ans, je n’étais évidemment pas prête à ces terribles rencontres. J’ai tenté de les exorciser juste après, en entreprenant un long périple à pied au Royaume du Mustang, sur le plateau tibétain : un autre monde, balayé par les vents, médiéval et protégé, où légendes et magie habitent le quotidien. De quoi réenchanter plus sereinement ma vie un peu trop houleuse…ou la faire basculer.
Puis ce fut le Brésil et l’Asie, un souffle de liberté et le début d’une inspiration sauvage. De ces voyages volontiers extrêmes, je suis revenue taraudée par le besoin d’écrire davantage, plus précisément – plus viscéralement.
Les Ecorchés sont finalement nés à New York, au bord de la rivière Hudson, dans la clameur incessante de Manhattan. La fiction s’est accouplée à la réalité avec violence et évidence – le trafic d’organes organisé par la Chine, les dérives éthiques banalisées, la folie d’un tueur favorisée par la mondialisation, la fascination morbide d’un certain public assoiffé de sensations fortes. Les scènes se déroulaient à la manière d’un film, nuit après nuit d’écriture compulsive. J’ai tout vu, j’y étais !
J’ai voulu entraîner le lecteur dans mon sillage à travers la forêt amazonienne, les steppes de l’Asie centrale, les bas-fonds de Chinatown… et lui faire partager l’improbable, l’intimité de «mon» tueur, l’artiste fou Joseph Farkas. Une aventure scabreuse mais l’espoir, au final, que la vie reprend toujours ses droits et emprunte des chemins inattendus pour y parvenir. Y compris dans l’esprit de l’auteur – puis du lecteur : comme dans un rêve, nous sommes tous personnages à la fois.

C’est, je crois, l’essence même du thriller. Frissonner en contemplant ses propres abysses.

2 commentaires

  1. Aprés avoir lu ce résumé comment ne pas succomber à la temtaption de lire votre livre ? Cette envie de voyager là où beaucoup ne serais pas aller: dans un hôpital psichatrique. Dis être avec vous , làs bas , et d’avoir l’impression de parler avec le tueur.Je meurs d’envie de lire votre livre . Et dis trouver la quelques conseils pour celui que j’écris ( Forgiveness ). je n’ai que 13 ans mais je pense pouvoir y arriver .
    cordialement, une lectrice

    • veronique chalmet

      Chère Nina, tous mes encouragements pour vos débuts en écriture… La passion est le seul moteur qui vaille! Bon courage et bon voyage dans la vie.
      Bien cordialement
      Véronique Chalmet

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