22 octobre 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

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Pitié pour Constance par André Fortin

Pitié pour Constance par André Fortin

Au moment où vient d’émerger, au firmament de la réalité la plus tangible et également la plus sordide, celle qui, notamment, nourrit l’imaginaire du romancier, un nouveau et inattendu héros de fiction, je me pose des questions. Je ne puis m’empêcher de penser à cette société secrète la nouvelle ligue, affublée d’une officine, la cellule grise, toute hypothétique, que j’ai inventée lors de l’écriture de « Pitié pour Constance ». Je me souviens avoir longuement hésité : était-ce suffisamment vraisemblable ?

La patron du Fonds Monétaire International, candidat le plus convaincant à la prochaine éléction présidentielle française, a été arrêté et va être inculpé par la justice américaine de plusieurs « crimes majeurs » comme on dit de manière si spectaculaire outre Atlantique. Cette histoire, bien réelle, n’est pas sans rappeler « Le bûcher des vanités ». Le patron du FMI va-t-il subir le même sort que le héros de Tom Wolfe, cette incroyable descente aux enfers?

Sic transit gloria mundi !

Car enfin, dans cette malheureuse affaire, toutes les hypothèses sont permises, nous sommes en Amérique ! Et je songe encore à James Ellroy : American tabloïd et American death trip (je ne cite pas le dernier du triptyque, volontairement…). Ces deux ouvrages ne sont-ils pas, au-delà de la licence romanesque, surtout celle que l’on connaît en France, et encore au-delà du réalisme littéraire, tout à fait ancrés dans la réalité américaine?

Alors, en me gardant bien d’enfreindre le principe de la présomption d’innocence auquel je suis personnellement très attaché, je ne peux m’empêcher d’échafauder plusieurs scénarios, de les analyser ensuite, puis de les mélanger, comme au bon vieux temps où je sévissais comme juge d’instruction, pour en sortir quelque chose qui pourrait raisonnablement ressembler à ce qui a pu se passer il y a deux jours dans cette chambre d’un hôtel de luxe à New York. Et voici le fruit de mes suppositions :

Je pars tout d’abord du principe que la femme de chambre n’aurait pas dû pénétrer ainsi sans précaution dans une chambre occupée. C’est une règle hôtelière classique et je doute que, dans ce grand hôtel, on n’y ait pas veillé.

J’imagine ensuite, mais ce n’est encore qu’une hypothèse de travail et aussi, peut-être, un réflexe d’auteur, qu’il s’agit d’une jolie femme.

Je considère, en me fondant sur les articles de la presse la plus sérieuse, comme un fait acquis que le patron du FMI est un homme à femmes – loin de moi l’intention de le lui reprocher – qui, compte tenu de sa position, n’aimerait guère qu’on lui résiste (ce dont, si c’était avéré, j’aurais plus de mal à lui faire grâce…).

Il n’a échappé à personne que, depuis quelque temps, était lancée une campagne de dénigrement contre le futur (et déjà !) candidat à la présidence de la république. Tout le monde s’accordera à dire que, pour ses détracteurs, cette appétence pour les femmes qui lui avait déjà valu un scandale au sein même du Fonds Monétaire, était riche de promesses – une mine d’or – diraient les spécialistes des coups bas politiques.

Voilà, ce type a un talon d’achille, nous sommes en Amérique, le pays où tout peut arriver, où les services officiels ne répugnent pas aux méthodes de gangsters, comme l’histoire l’a démontré et comme le raconte si crûment James Ellroy. Le pays où il y a aussi, spécialement depuis la guerre d’Irak, des officines riches, aussi puissantes et aussi capables que les agences officielles.

Donc, l’hypothèse, on l’a compris, c’est que notre homme est dans sa chambre ou plutôt nu sous sa douche et qu’entre à ce moment une superbe fille envoyée par on ne sait quel service parallèle. Notre homme a des faiblesses, des tendances… Il est intelligent mais, emporté par ses démons, il tombe dans le panneau !

Reste à rechercher le commanditaire ; à qui profite le crime ?

Mais ce ne sont là qu’élucubrations d’auteur de polar, contrarié par une actualité dont il craint qu’elle ne soit au bout du compte meilleure que ses propres histoires…

2 commentaires

  1. Paul Arthur Napier

    Ah ! si on me laissait mettre le nez dans cette affaire
    elle ne traînerait pas comme cela !

    Paul Arthur Napier

  2. Quand un auteur de polar déclare que la réalité dépasse l’affliction …
    alors
    (surtout lorsqu’il s’agit d’un ex spécialiste de l’instruction)
    il est temps de se réfugier
    entre les pages
    par exemple pour y suivre à la trace l’opiniâtre juge Galtier.

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