29 novembre 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

ACTUALITÉS
Le châtiment des élites par Giampiero Marongiu

Le châtiment des élites par Giampiero Marongiu

Qu’est-ce qui peut bien pousser un individu à prendre la plume ? Prendre la plume, quelle drôle d’expression !
Que l’on me comprenne correctement, il ne s’agit là de faire la roue, tel le paon qui use de ses plumes d’une autre manière. Pas davantage que de l’utilisation que peuvent en faire les créatures des nuits parisiennes en remuant leur fondement.
Non, il s’agit céans de parler de l’écriture, de prendre la plume, comme parfois l’on prenait les armes, les ordres ou les jambes des créatures précédemment citées à son cou.

Reconnaissons que l’expression pour être savoureuse n’en est pas moins quelque peu désuète. Car de ces plumes-là, il n’en demeure que fort peu. Peut-être quelques-unes égarées dans le grimoire de mon grand-père, ancien militaire et sergent presque major.
Pour un écrivain ou pour quiconque se targuant de l’être, prendre la plume c’est se dénuder, se livrer en pâture à des inconnus. Tiens, prendre la plume c’est se mettre à poils !

Alors forcément, je ne fus que moyennement surpris de constater la préférence de mes gènes méditerranéens à la pilosité plutôt qu’au plumage. Et si des mots se jetèrent de ma tête au papier, ils ne le firent point par l’entremise de la dernière plume du poulet dominical, voire d’une de celles de mon sergent-major de grand-père, mais bien par celle des extrémités velues de mes doigts sur un clavier.
Alors si la question est de savoir pourquoi me suis-je mis en tête d’écrire le Châtiment des Élites ? Eh bien… parce que !

Bien sûr que cela m’interpelle ! Mais franchement, je n’en sais rien, ou alors il y a tant de réponses que je ne puis en isoler une.
Les mots peut-être ? Oui, j’aime les mots. Ces portes s’ouvrant vers des espaces intérieurs qui ressemblent à ces femmes qui ne seraient jamais tout à fait les mêmes et jamais complètement autres.

– Bon, au fait, Giampiero, au fait ! me disait un instituteur de CM2 qui ne sera jamais très loin de mon cœur.

Pourquoi, après tous ces transports et au détour de périples incessants ai-je ouvert cette porte-ci ?
Donc les mots d’abord, leurs saveurs et leurs terroirs, ensuite en levant la tête vint le monde et les étranges créatures qui le peuplent. Enfin arriva l’heure des constats et des constats naquirent les questions.
Il n’existe pas de cercles de pouvoir dont la richesse n’ait été établie sur le vol, l’usurpation, la spoliation ou le meurtre. Aucune fortune qui ne puise son origine dans les exactions d’un ancêtre criminel. Les héritiers de ces fortunes, toutes mal acquises, inventèrent alors les codes, les règles et des principes de vertus pour que perdure le trésor du pirate.
Le monde étant devenu ce que nous acceptâmes qu’il soit, existait-il des solutions ?

Autre constat, les démocraties portant en leur sein le cancer qui les ronge, un tyran éclairé pouvait-il sauver l’humanité ?
Face à la dictature et à l’intégrisme, l’anarchie pouvait-elle sauver la République ?
Et puisque la naissance du capitalisme, faiseur d’élites, puise sa source aux fondements mêmes de notre culture judéo-chrétienne, un monde équitable pouvait-il naître de ses cendres ?
Le développement des ports marchands de la méditerranée, découvreurs de Nouveaux Mondes, fut financé par les prémices du grand capital et par la vision d’un nouvel ordre mondial cher Godefroy de Bouillon et ses croisés.
Godefroy le Belge, celui dont les écoles communales ne nous servent qu’un fade potage, fit et défit les rois et les royaumes à grands coups d’intérêts bancaires. Au point de s’attirer les vindictes de la papauté. D’où tirait-il la mise de fonds de son système financier ? Que trouva-t-il dans les sous-sols de Jérusalem ?
Des constats naissent les questions, disais-je un peu plus haut, et l’humain dans tout cela ? Quid de cette humanité et de son cortège de paradoxes, le doute, la peur, l’amour, l’irrationnel, l’injustice, la trahison, l’envie, la bonté ?

C’est finalement de mes contradictions qu’est née l’idée d’un justicier social et de son pendant policier. Tous deux portant les stigmates du passé comme des croix sur le cœur. Deux visions de la société qui s’attirent, se repoussent, se mêlent et s’affrontent sans que je puisse réellement prendre parti.

Parce qu’après tout, ce n’est pas à moi de le faire. Que chacun se fasse sa vérité.

Pourquoi écrire ? Peut-être pour ouvrir des portes que d’autres franchiront vers des ailleurs qui ne regardent qu’eux.

Trailer du roman :

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>