17 septembre 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

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Quelque chose dans la nuit par Mikaël Ollivier

Quelque chose dans la nuit par Mikaël Ollivier

J’ai un problème. Enfin c’est ce que beaucoup pensent dans mon entourage.
J’ai 43 ans, je suis un père de famille responsable, je paye mes impôts, je mange cinq fruits et légumes par jour mais j’ai vu Bruce Springsteen sur scène plus de 70 fois.
En France, mais aussi partout en Europe et aux Etats-Unis. J’ai aussi chez moi un mur entier de ses disques, non seulement ses albums mais surtout les enregistrements pirates de centaines de ses concerts. J’ai en outre écrit sa biographie, en collaboration avec Hugues Barrière*.
Je suis un fan. Et le mot fait tâche dans mon Curriculum Vitae.

Tout a commencé en 1985, quand mon frère a ramené l’album Born In The USA à la maison. Il faut dire que nous étions plutôt musique classique, chez mes parents, que je faisais du piano et de la chorale au conservatoire. Le choc a été puissant. Pas le temps d’en passer par les nuances de la pop anglaise : direct de Mozart au rock US brut de décoffrage. Je ne m’en suis pas remis. J’ai vite découvert les vieux albums et surtout les enregistrements live. L’adrénaline qui déferle des enceintes. En trois ans, j’ai acquis une connaissance de l’œuvre du chanteur de New Jersey suffisante pour aller enfin le voir sur scène. Paris, Hippodrome de Vincennes, été 1988. 60 000 personnes, plus de 3 heures de concerts sous la canicule. J’étais foutu. Devenu accro. Les textes, la musique, l’énergie… Le rock et son rêve d’une vie sans compromission. « No retreat, baby, no surrender. »

J’ai alors découvert de tournées en tournées une communauté, celle des fans, de ceux qui ne se contentent pas de la date la plus proche de chez eux mais voyagent à travers le monde pour aller voir leur idole. Ils viennent de tous les horizons – des banquiers, des commerçants, des étudiants, des avocats, des restaurateurs, des chômeurs et même des écrivains ! Ils ont leur passion en commun et tout un pan de leur vie, sur la route, de salles de concerts en stades. Rien ne peut leur faire manquer un concert et certains y laissent l’intégralité de leur salaire.

C’est l’univers que j’explore dans mon nouveau polar. Un groupe de fans français suit le Magic Tour qui voit Springsteen traverser l’Europe en 2007 et 2008 avec son légendaire E Street Band. Mais la mort s’en mêle, liée à l’une des chansons rares et fétiches du Boss : Something In The Night, ‘Quelque chose dans la nuit’, dont une strophe dit que « rien n’est oublié ni pardonné. »

Ecrire ce roman était sans doute une manière de m’interroger sur cette passion excessive qui me tient depuis plus de 25 ans. Pas sûr d’avoir trouvé les réponses. En revanche, je suis certain d’avoir rédigé là mon polar le plus personnel.

* Bruce Frederick Springsteen, le Castor Astral Editeur.

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Un commentaire

  1. Ca donne envie….bien chanceux cette année 2012 de se retrouver pour une belle série de concert à travers l’Europe…plus « tranquille » que le thème de ce roman…il faut l’espérer.
    Amitiés d’un inconditionnel de 40 ans ayant été piqué un soir de 1985 à Montpellier.

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