28 novembre 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

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Les inconnus du Saint-François par Guillaume Lefebvre

Les inconnus du Saint-François par Guillaume Lefebvre

Le navire tape violemment dans la lame depuis trois jours et trois nuits, l’équipage est épuisé par ces coups de canon à répétition. Je regarde par le sabord pour m’assurer que tout se passe bien, et je me remets au travail. Je n’arrive à écrire que lorsque je suis en mer, persuadé que cet isolement forcé est propice à l’imagination. Un coup de roulis plus violent que les autres envoie valser mes pochettes. Elles sont remplies de centaines de feuilles classées par thèmes, chapitres ou reportages à lire. J’aimerai tout mettre dans mon roman, mais il n’y a pas suffisamment de place. Soudain, une angoisse me saisit au creux de l’estomac. « Vais-je réussir à convaincre le lecteur ? Va-t-il me suivre dans l’univers que j’ai imaginé ? » Questions sans réponses, mais j’irai jusqu’au bout, car je ne peux m’arrêter d’écrire, c’est devenu une véritable addiction de retrouver mes personnages à chaque moment de repos.
Cette anxiété m’a tenu jusqu’à la dernière ligne. Dès le mot : « Fin » écrit, je me suis vu comme un boxeur descendant du ring après un match. Je sentais un vide, et, étrangement, j’étais incapable de relire une seule ligne de mon manuscrit. Pendant plusieurs mois, j’avais connu la double vie de l’auteur, et ce fut une aventure extraordinaire. Je côtoyais mes personnages, ressentais leurs joies, leur détermination, leurs peurs et leur fatigue. Combien de nuits blanches ai-je passées à me demander comment le protagoniste allait se sortir de cette mésaventure ? Modifiant mon scénario en dernière limite, et effaçant des chapitres entiers de mon ordinateur. Combien de personnes ai-je été amené à rencontrer pour obtenir des informations et apporter de la crédibilité à mon histoire ?

Dans ce petit village du bord de mer quasiment déserté durant l’hiver, les distractions manquent. Alors, les fenêtres espionnent les faits et gestes de chacun, et le moindre événement devient le sujet de conversation du lendemain. Les personnages secondaires sont caricaturés, et beaucoup reconnaîtront une de leurs connaissances. Jamais eux, bien entendu.
Armand Verrotier cet officier supérieur de la marine marchande débarque du paquebot à bord duquel il travaille pour prendre quelques semaines de repos. C’est l’hiver et il vit seul ; alors pour tuer le temps, il va à la pêche en mer. Mais un matin de pluies mêlées au vent d’ouest, il aperçoit une forme sombre sur le sable. Curieux, il s’en approche alors que le jour se lève, mais il ne se doute pas que chacun de ses pas le conduit vers une véritable toile d’araignée.
Il va côtoyer cette femme aussi belle qu’énigmatique, malheureusement prise au piège depuis plusieurs années. Elle a les armes pour s’en sortir, mais il lui manque la volonté.
Des choses horribles se passent, mais je n’ai voulu aucun voyeurisme. Tout est suggéré ou relaté dans une ambiance hitchcockienne. Qui est le responsable de ces crimes ? De rebondissement en rebondissement, vous ne le saurez qu’à la dernière page.
Et n’oubliez pas cette phrase célèbre : « Pour juger, il faut comprendre. Mais quand on a compris, on ne peut plus juger. »

6 commentaires

  1. Les petits éditeurs dépassent les grands avec ce genre de romans.

  2. Je passe un week-end en baie de Somme pour me remonter le moral après une rupture amoureuse. Il faisait trop froid pour me promener alors j’ai acheté ce livre pour passer le temps. Au début, je n’y croyais pas trop : un auteur inconnu, un éditeur local. Mais le libraire a su me convaincre,(le livre était sur son comptoir) et je le remercie, car j’ai vraiment passé un bon moment. Cet Armand Verrotier est rassurant, j’aimerais bien le rencontrer en vrai… L’histoire est pleine de rebondissements. J’ai adoré. Je viens de le terminer, mes idées noires sont parties. Je respire la mer. Je me suis promenée dans Cayeux à la recherche du canot de sauvetage, de la maison d’Armand et celle de madame Quintin, sa voisine. J’ai voulu voir qui était ce Guillaume Lefebvre, alors j’ai mis ce commentaire.
    Merci Guillaume, je vous envoie plein de bisous.

  3. Pas facile de faire d’un pollar un bouquin passionnat et romantique finalemment , joli essai ! qui n’en n’est plus un, puisque la plume t’est une addiction , nous serons tes fidèles lecteurs et trices …bon vent à toi marin-écrivain ! et merci du nouveau souffle apporté dans ce genre de lecture.

  4. gavazzi philippe

    salut pirate !!!

    te voila devenu marin écrivain…..sourire
    Une histoire de vie qui commence dans le port du Hourdel,sur le Pax Christi et se prolonge par une vie océane.
    On a fait une sacré route,un sacré sillon dans cet océan,on a perdu des hommes,des amis et des bateaux,mais on a en nous cet soif d’océan.
    alors jusqu’au dernier souffle,jusqu’a nos derniéres forces nous continuerons a écrire ces jolies pages de mer.
    felicitation pour ton roman guillaume et peut être à un jour au détour d’un port,d’un quai,d’un bateau pour une autre histoire de mer et d’hommes
    phil

  5. On voit que l’écrivain est un marin confirmé. Moi qui adore la mer, je me suis régalée. Se retrouver en mer avec les pêcheurs, quel plaisir. mais quand on sait ce qui va arriver Brrrrr!
    J’ai bien aimé le suspens et l’absence de temps morts.
    Le ciel de plomb aussi. Allez ! Le week-end prochain je vais en baie de Somme sur les traces d’Armand Verrotier.
    La suite ! La suite ! La suite !

    Laurie

  6. J’ai bien aimé le côté thriller psychologique. Un roman qui se lit en quatrième vitesse sans pouvoir le lacher. Les rebondissements sont judicieusement placé au bon endroit.
    De grace monsieur Lefebvre : Laissez nous respirer.
    Les personnages sont bien caricaturés. On a envie de tordre le cou de la soeur de la victime.
    L’auteur a t il écrit d’autres romans dans une autre collection ? Si oui dites le moi je suis preneur.
    En bref un bon moment. Je l’ai commencé un dimanche matin et l’ai terminé le soir.

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