27 novembre 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

ACTUALITÉS
Le diable sur les épaules par Christian Carayon

Le diable sur les épaules par Christian Carayon

Tout a commencé dans une maison de campagne, perdue au bout du monde, dans un village devenu fantôme. En fait de maison de campagne, c’est l’ancienne école du village. Et en guise de bout du monde, c’est un lieu ignoré des cartes qui se situe dans le Sud du Tarn. La maison est grande; elle appartenait à mes grands-parents. Le temps de plusieurs étés consécutifs, elle est devenue la destination de vacances de mes deux sœurs, éparpillées le reste de l’année loin de chez nous. Avec elles, leurs petites-familles respectives, dont un beau-frère qui m’avait fait découvrir les jeux de rôle. L’espace de ces deux étés, nous avons mis en place un rituel: l’organisation d’un jeu de rôle grandeur nature, en famille. Un jeu policier, ancré dans les années 1920, dans la lignée de « L’appel de Cthulhu » et de « Maléfices ». J’étais le scénariste et le maître du jeu. Je passais une partie de l’année à écrire l’histoire, installer les indices, préparer les lieux… Le nombre de joueurs était réduit: mon frère et mon beau-frère comme personnages principaux, neveux et nièces pour jouer les figurants. Et le site était la vedette de l’histoire.
De ces aventures, il est resté de grands souvenirs, deux cartons pleins de faux parchemins, d’amulettes maudites, de messages secrets, de lettres énigmatiques, de plans… Il est resté également un grand manque lorsque ces retrouvailles se sont finalement interrompues, parce que le temps passe et que les choses changent. Et puis, au bout de quelques hésitations, j’ai choisi de combler ce vide en reprenant mes histoires et en les couchant sur le papier.

Après de nombreux remaniements, il ne reste plus grand chose de son origine. Mais cette histoire est devenue un roman qui s’intitule Le diable sur les épaules.
1924. Un village isolé dans les montagnes tarnaises vit son déclin avec colère. Il se vide jour après jour de ses forces vives. Quand elles ne partent pas d’elles-mêmes, on les prend d’office et on ne les rend pas: le monument aux morts compte trente noms gravés depuis 1918. Quand un vieux valet de ferme est retrouvé, atrocement mutilé, dans un lieu nommé le Pas du Diable, tant il est craint et évité, on se force à croire que c’est un accident ou un suicide. Quand un des fermiers est retrouvé le ventre ouvert, au petit matin, sans la moindre empreinte de pas gravée dans la neige, on ne peut empêcher les vieilles superstitions de ressurgir. Mais le village se tait et veut régler cette affaire sans aide de l’extérieur, seul avec lui-même.
Camille, la jeune institutrice, vient de cet extérieur. Elle vit mal au village. Elle est mal vue parce que son fiancé, Edouard, la fréquente de trop près; parce qu’elle est étrangère; parce qu’elle est belle. Mais elle refuse de laisser ces deux morts sans réponse. Elle ne croît ni aux fantômes ni aux bêtes maléfiques qui hanteraient la forêt qui encercle le village. Alors elle fait appel à Martial de la Boissière, son ami d’enfance. Ancien étudiant en criminologie, il a tout laissé tomber après la guerre. Mais il continue d’enquêter, en amateur, pour le compte du Cercle Cardan, une petite association de personnes qui cherchent à dénouer les fils embrouillés de toutes les énigmes mettant en scène l’inexplicable. Les sciences occultes ayant le vent en poupe depuis la Grande Guerre, les cas de supercherie et d’affaires liées au « Monde de l’Invisible » se multiplient. Et le Cercle Cardan tente d’agir quand la police renonce.
Martial débarque donc dans ce village au bout du monde. Amoureux de Camille depuis toujours, il doit affronter deux périls: voir la jeune femme lui échapper définitivement dans les bras d’Edouard, avec qui il s’est lié d’amitié, et tenter de comprendre ce qui se passe dans ce bourg où, il en est persuadé, les morts violentes vont continuer.
L’ombre des romans à énigme plane au-dessus de cette histoire. Et en guise de lieu clos, il y a ce village, avec la forêt tout autour, à la fois protectrice comme un rempart et menaçante comme une abîme dont on ne distinguerait pas le fond. Il y a la brume, la neige et le vent. Il y a des chiens qu’on laisse dormir dehors pour donner l’alerte, le fusil à portée de main. Il y a un passé qui empoisonne le présent. Et il y a le diable à l’œuvre…

6 commentaires

  1. Passionant , un premier roman qui révèle une ecriture tellement fluide et percutante. Un des meilleurs thrillers lus depuis longtemps. Monsieur Carayon, la suite des aventures de Martial et Camille (comment vont-ils gérer leur culpabilité et retrouver confiance l’un dans l’autre) s’impose.

  2. querol vignes

    Roman policier très bien écrit. Passionnant du début à la fin.

  3. Christine ARNAL

    Roman policier passionnant et très bien écrit…Un régal de lecture pour les vacances ! Je constate que l’imagination de l’auteur, ancien camarade de lycée est toujours aussi foisonnante. Il me tarde de lire une nouvelle aventure de Martial

  4. Une intrigue bien construite et originale, des personnages attachants, Une imagination bien maîtrisée. J’attends la suite avec impatience

  5. Le talent de l’auteur et sa façon de décrire vous plongent dans l’univers sombre de ce petit village du Tarn. Le mystère rode au gré des pages pour aboutir dans un véritable feu d’artifices. Jubilatoire!!

  6. VENARD Sophie

    Un roman policier qui tient en haleine jusqu’à la dernière page, des personnages attachants que l’on n’oubliera pas, beaucoup de rythme, de suspens. Une écriture fluide et efficace qui transporte le lecteur au coeur d’un village battu par les vents, le froid et la neige et qui permet au lecteur de tout voir, le village, la forêt, l’école,le moulin, la grotte aux côtés de Martial et de tout ressentir.
    Le prologue est à lui seul un véritable enchantement et la suite est aussi réussie !
    J’adore le personnage de Charles Purseau, de Camille aussi, des frères Pujol et de Martial. J’aime aussi cette sensation de huit clos, ce village qui se referme sur ses habitants…
    Un vrai plaisir à lire, un véritable régal. Un seul mot : BRAVO !

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>