17 décembre 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

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Le chasseur de lucioles par Janis Otsiémi

Le chasseur de lucioles par Janis Otsiémi

J’ai coutume de dire que le polar africain n’existe pas simplement parce qu’il existe un polar français, anglais ou américain.
Il existe parce qu’il a une place naturelle et que l’Afrique regorge de tous les ingrédients nécessaires pour produire des polars de bonne facture qui ne doivent pas être et qui ne sont pas de pâles copies de ce qui se fait dans le genre en Europe ou aux Etats-Unis.

Pour écrire Le chasseur de lucioles, mon troisième polar édité chez Jigal après La vie est un sale boulot (2009) et La Bouche qui mange ne parle pas (2011), je me suis en partie inspiré d’un fait-divers. Il y a un peu plus de 18 mois, j’ai lu dans un journal local qu’une femme avait porté plainte contre un homme pour lui avoir volontairement transmis le mal du siècle, le Sida. Cette histoire presque banale a fait tilt dans ma tête. Alors j’ai imaginé un type de 35 ans, cadre dans une maison d’assurances qui apprend qu’il est séropositif… il soupçonne une de ses anciennes conquêtes sur laquelle les rumeurs vont bon train… La mort est moins effrayante quand on sait qu’on n’est pas le seul y passer. Dès lors, mon personnage principal va se mettre en chasse des lucioles (les prostituées) dans les rues grisâtres de Libreville à la nuit tombée…

En écrivant ce roman, j’étais conscient d’un fait : je m’attaquais là, à un sujet largement abordé par différents auteurs. Il me fallait donc faire preuve d’originalité et d’authenticité propre à la société dans laquelle je vis.
Voilà pourquoi vous ne trouverez pas dans ce roman des médecins légistes, ou des analyses ADN et tout le tintouin que nous servent les séries américaines sur le sujet… car ils n’en existent pas chez nous… Les policiers chargés de l’enquête ont dû faire avec les moyens du bord.
Les mots du français parlé ici en Afrique que j’utilise dans ce roman donnent une couleur locale et authentique à ce roman. Mais au-delà des intrigues qui parcourent mes romans, ce n’est pas la notion du mal ou du bien qui m’intéresse mais la trajectoire des personnages, leurs qualités, leurs défauts, leurs envies, leurs passions… C’est en ce sens je crois, que j’écris des romans noirs plus que des romans policiers !

Un commentaire

  1. Jacques Olivier Bosco

    Je viens de finir le livre et j’ai adoré (comme les autres avant), en effet ce sont les personnages et leur manière de vivre leur destin qui tient en haleine dans ce roman, leur conversation avec ce magnifique langage francotsiemien, les rapports de forces ou les complicités qu’ils affichent, les petits détails de leur vie quotidienne (le mec se met torse nu en arrivant chez ses potes parce qu’il fait chaud dans ces putains de baraques, c’est pas dit, mais on le comprend, on le ressent), l’action, le sang et le stress et la psychologie et toujours, le Maktoub, le destin sur cette terre d’Afrique, cette capitale du Gabon, à la fois grande ville et village, j’en ai encore la poussière sur la langue et l’odeur de mer huilée et grasse qui colle à ma peau. Merci et encore bravo. PS heureux d’avoir découvert ( à nouveau je crois) un homonyme à moi. D’ailleurs je t’ai flingué en flic dans mon prochain.
    JOB

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