31 juillet 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

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Le cirque rouge par Johanna Jouniaux

Le cirque rouge par Johanna Jouniaux

Le Cirque Rouge. Titre pour lequel j’ai longuement hésité. Comment faire pour trouver le titre adéquat à un roman que l’on a écrit ? Je ne sais pas, je ne l’ai jamais su. Le livre a été nommé par mes proches, qui après en avoir fait la lecture de la manière la plus avide qui soit, ont trouvé que ces trois mots pouvaient faire office de titre, de nom, de devanture.

Le Cirque Rouge
. C’est également le nom de la maison close dans laquelle travaillent mes quatre formidables ‘dames’, Blanche, Marie, Hélène et Violette. J’ai commencé à rédiger mon livre en une sorte de galerie des monstres. Une sorte de vitrine où l’on montre. Un chapitre par personnage. Des personnalités étalées, disséquées. La mienne, en fait. J’ai écrasé ma propre personne en miettes. Miettes que j’ai ensuite semées dans chacun de mes personnages.

Je n’avais au commencement de ma rédaction que deux certitudes. Je savais comment allait commencer mon roman, et comment il allait se terminer. Entre les deux ? Au diable les plans et les brouillons ! Je n’en ai jamais eu l’utilité. Ce fut à mes personnages de décider. Ainsi, Violette m’a fait écrire sur les méandres de la psychiatrie. Marie m’a fait parler de sexe plus que de rigueur, Blanche m’a fait parler de grâce et de douceur. Quant à Hélène… elle m’a surprise bien plus d’une fois.

Mes personnages m’ont fait vivre pendant 8 mois. Chaque jour, chaque nuit. Violette m’a donné du fil à retordre. Elle m’a très souvent réveillée la nuit pour me demander d’écrire quelque chose, parfois juste quelques mots. Marie m’a fait tenir des propos très osés. Des propos impertinents qui m’ont dérangée. Et Hélène m’a fait défier les lois de la logique et de la vérité.

J’ai écrit ce livre à l’instinct, en laissant ces drôles de personnages me guider. Ce sont eux qui ont décidé. Eux qui ont choisi leurs actes, leurs parole. Que j’ai désapprouvé, parfois. Je n’étais que simple spectatrice devant le ballet qu’ils ont dansé devant mes yeux de longs mois durant. Je les ai laissés guider ma plume pendant tout ce temps. Je les ai laissés me déranger quand bon leur semblait, les autorisant à prendre possession de mes pensées et de mes idées.

Si je devais parler de ce livre, je n’y arriverai pas. Si je devais le décrire, je ne le pourrai pas. Ou alors, je laisserai la parole à ces quatre femmes. L’une vous dirait peut-être que le lieu dans lequel je l’ai fait vivre n’est pas adapté à sa personnalité. Une autre vous confierait les monstruosités qu’elle m’a fait écrire à son sujet.

J’ai un rapport très intime avec ce livre. Il a été une source d’inspiration et d’évasion qui m’a apporté un souffle nouveau dont j’avais besoin à l’époque. Il a insufflé de l’oxygène dans mes poumons et fait briller des étoiles devant mes yeux. Il a pallié aux quelques battements de cœur qui me manquaient, me permettant de trouver en lui un refuge certain.

Pour terminer, ou du moins avant de terminer, je vais tirer mon chapeau à Hélène. Une des quatre formidables dames. Celle qui m’aura le plus fait vibrer. Et je présente mes plus humbles excuses à Raphaël, autre personnage pour qui j’ai une affection toute particulière. Pardonne-moi pour le sombre tourbillon dans lequel je t’ai entraîné.

Ce livre est obscur. Malsain. Cruel. Charnel. Intemporel.
Mais on y trouve aussi de la lumière.

Ce livre est imparfait. Bourré de failles, de crevasses et de malaises. Ce livre, c’est moi.

Ce livre est aussi sombre qu’une corneille.
Mais même le noir peut briller au soleil.

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