27 novembre 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

ACTUALITÉS
Les soldats de papier par Marc Charuel

Les soldats de papier par Marc Charuel

On dit que l’appétit vient en mangeant, c’est vérifié avec mon deuxième thriller. Je n’ai eu de cesse de le terminer pour démarrer le troisième. J’ai découvert que j’étais devenu accro à raconter des histoires… J’aurais dû m’en douter, puisque aussi loin que je remonte dans le temps, j’ai le souvenir d’avoir toujours voulu le faire. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment j’ai pu attendre si longtemps. Peut-être l’idée de signer un roman me bloquait-elle ? Je n’avais eu aucun problème à écrire des documents politiques, mais je dois avouer que la perspective de passer à la fiction m’effrayait vraiment. Cette idée de pouvoir plancher pendant des centaines d’heures sur un manuscrit pour s’apercevoir in fine que ce qu’on a rédigé ne vaut pas un clou !

Contrairement à d’autres auteurs, ce n’est pas la recherche du sujet qui fait problème. Au jour d’aujourd’hui, j’ai envie d’écrire une dizaine de livres. J’en ai déjà l’idée. Pour certains, le scénario précis. J’ai même réfléchi aux personnages, et je dois dire que tout ce petit monde me harcèle parfois. En tout cas davantage et plus souvent que les héros du texte sur lequel je suis en train de travailler. Je dirais que mon vrai problème est de rester zen face à cela. Même si je sais que certaines idées seront balayées par le temps. Je me réveille un jour en me disant que cela ne me correspond pas et que je n’en ferai pas un bon livre.

Il suffit de peu de choses pour faire naître en moi l’idée et l’envie d’un récit : une brève dans un journal, une conversation dans un café, une image entrevue à la télévision, ou parfois un rêve ou un cauchemar. C’est toujours bref, mais toujours déterminant. Après, je prends le temps pour décider d’une échelle de valeurs ou d’importance de ces sujets. C’est exactement ce qui s’est passé avec le thème de mon dernier livre, Les soldats de papier. J’avais déjà proposé autre chose à mon éditeur, puis, pour une raison X, j’ai repensé aux disparus de Mourmelon et j’ai très vite compris que je devais m’atteler à cette histoire tragique sans plus attendre. En plus, j’avais sous la main une documentation extraordinaire, et la connaissance plutôt bien maîtrisée du monde militaire et des endroits où je pouvais situer le roman. Le pitch était trouvé, il fallait ensuite bâtir l’intrigue. Et mon problème est que je fais cela à la manière d’un jeu de Légos. Pièce par pièce. De façon très précise. Sans rien laisser au hasard. Autant dire qu’il faut, avant d’avoir seulement le sentiment que ça fonctionne, beaucoup s’interroger, beaucoup chercher, beaucoup refaire.

Je ne voulais surtout pas enfermer le lecteur dans une problématique exclusivement militaire. L’armée devait simplement être le décor du roman. Le prétexte. J’ai donc inventé un personnage à la fois civil et militaire, un réserviste, dont le rôle dont le rôle et l’action se situent à la frontière des deux mondes.

Je pense pouvoir dire que ce dernier livre s’est fait tout seul. Bien sûr il y a des influences, mais je n’ai pas cherché à faire du Ellroy ou du Lehane. Peut-être le point commun est-il le côté désespéré du récit. On est dans du roman noir. Très noir. Où rien ni personne ne trouve de salut. C’est une sorte de livre sur le mal absolu. Je lis des écrivains qui me fascinent pour leur facilité à aborder la part d’ombre de l’homme, j’y réfléchis, je digère, puis je me tourne vers mes expériences personnelles. Ensuite, comme je le disais tout à l’heure, je construis mon jeu de Légos. J’ouvre ma soupape de sécurité, je vois ce qui apparaît et j’écris.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>