20 octobre 2014

LES ACTEURS DU NOIR ONT CARTE BLANCHE

ACTUALITÉS
Carrières noires par Eléna Piacentini

Carrières noires par Eléna Piacentini

Carrières noires est la quatrième aventure du commandant Leoni et pourtant, mon «Corse du Nord» ne fait son apparition qu’à la page 91. Et en roue libre encore, puisqu’il n’a aucun statut officiel dans cette enquête que son successeur rechigne à ouvrir. Il faut dire que s’il est revenu à Lille, c’est presque contraint et forcé : la faute à mémé Angèle qui veut le relancer dans la partie.

L’idée de départ m’est venue de la lecture d’un article faisant état de l’augmentation des actes de délinquance commis par les personnes âgées. Mamie qui se fait tirer son sac par un djeun en scooter, je n’irais pas jusqu’à dire que c’est dépassé, mais il y a un revers à cette image d’Epinal. Avec le passage à l’euro et les pensions qui rétrécissent comme peau de chagrin, certains retraités «bricolent» et magouillent pour s’en sortir. C’est comme ça qu’est né mon improbable trio de « tatas flingueuses». Enfin, en ce qui les concerne, ce serait plutôt pied, voire œil de biche, et ce, bien qu’elles aient largement dépassé le cap de la cinquantaine. Au-dessus de Lezennes (une petite ville à la périphérie de Lille) où elles survivent avec bonne humeur et courage, c’est par elles, Josy, Chantal et Marie-Claude, que les ennuis commencent. Parce que, bien sûr, ces femmes «à tout faire» vont se retrouver embringuées dans une histoire qui les dépasse largement et qui implique notamment une machiavélique sénatrice et son neveu caracolant en tête des sondages de la course aux futures présidentielles. Je précise, pour ceux qui, à la lecture, détecteraient de curieux parallèles avec des événements et des personnages ayant réellement existé, que j’ai achevé mon manuscrit en février 2011.

Ça, c’est pour le «monde d’en haut», la partie visible de l’iceberg.

La ville de Lezennes est construite sur un immense réseau de galeries souterraines, creusées pour en extraire la fameuse craie blanche, et qui abrite notamment un improbable lac bleu. Ce n’est pas une légende, je l’ai visité. Le monde d’en bas, c’est la partie sombre et inquiétante de cette histoire. C’est là aussi que je vais attirer mes personnages parce que je crois aussi que c’est en opérant la démarche de plonger profondément en nous-même que l’on peut faire émerger certaines vérités.

Ce roman, je l’ai voulu comme un choc entre plusieurs mondes. Celui du haut et celui du bas. Celui des ambitions démesurées et celui des rêves d’un avenir meilleur. Celui des vainqueurs et celui des laissés pour compte. Celui des apparences et celui du réel. Celui de ceux qui sont aux ordres et celui de ceux qui se rebiffent. Leoni navigue un peu à vue dans cet imbroglio, secondé par son «poisson pilote», la légiste Eliane Ducatel.

Je ne cherche pas à assener de «grands messages» à  mes lecteurs. J’ai pour principe de ne pas infliger aux autres ce qui, moi, me déplait. Que chacun fasse donc son petit marché ! Je crois que c’est par sympathie ou antipathie -au sens littéral des termes- avec les personnages que les choses se font, ou pas. Je n’ai qu’un seul regret dans cette affaire, c’est de ne pas pouvoir serrer Josy dans mes bras et lui claquer une grande caresse dans le dos. J’ai été triste de la quitter.

Enfin ce quatrième opus, c’est aussi pour moi la naissance d’une nouvelle collaboration, que j’espère longue, avec les éditions Au-delà du raisonnable, une maison menée, tambour battant, par Véronique Ducros. Une femme qui, comme pourrait la décrire Josy «Elle a rien entre les jambes, c’est sûr, hein ! Mais y aurait quand même la place pour y mettre au moins deux paires !».

Alors maintenant et après tout ça, si on me demande dans quelle catégorie classer Carrières noires, je serais bien embêtée. Les étiquettes, ça me gonfle autant sur les bouquins que sur les gens. Même avec un seul point de colle, on perd un peu de sa liberté. Les lectrices et les lecteurs trancheront. Ou pas. Au final, ça change quelque chose, vous croyez ?

6 commentaires

  1. coucou Elena, mais comment faire sur ma coque de noix au milieu de nulle part!!! pour me procurer « Carrières Noires »!!!! après avoir dévoré goulument les trois premiers, c’est une véritable torture…. déjà bravo… bien à toi, Valérie

  2. Nathalie Chacornac

    Ça donne envie !
    J’ai aimé la plume d’Elena dans ses précédents opus, j’ai donc hâte de retrouver le commandant Léoni, et surtout de découvrir ce trio de gonzesses couillues !

  3. Bonjour Eléna,

    Lors de ma visite à Paris, la semaine dernière, j’ai eu le plaisir de recevoir votre roman ! Véronique me l’a gentiment offert !
    Alors, vos trois »héroïnes » ont traversé l’Atlantique et sont maintenant sur ma liste de lecture pour l’été.
    J’avoue que votre texte ci-haut m’a vraiment encouragé à le lire le plus tôt possible.

    Je vous souhaite une bonne journée

    Richard Migneault

    Polar, noir et blanc

    • Bonjour Richard,
      J’espère que la lecture sera à la hauteur de vos espérances. Tant mieux si le texte voyage ! Josy n’est jamais allée plus loin que La Panne !
      Bonne lecture et à bientôt !

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>