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Interview de Nicolas Duplessier

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Nicolas Duplessier s’est prêté au jeu de l’interview Livresque du Noir.

Bonjour Nicolas. On commence ?

  • Un auteur, c’est souvent un univers. Quelle photo serait la plus appropriée pour illustrer le tien ?

Nicolas : Sans aucune hésitation un cliché du photographe Gregory Crewdson. Son travail est fascinant. Sa série Beneath The Roses est fantastique. Difficile de choisir une unique photo. Woman stain ou Worthington Street sont des chefs d’œuvres évoquant la solitude et le désenchantement.  Lorsque j’écris, j’ai en tête, ses images de l’envers du décor du rêve américain.

  • Que cherches-tu dans l’écriture ?

Nicolas : Comme le dit Stephen King dans un de ces récits autobiographique, « écrire n’a rien à voir avec gagner de l’argent, devenir célèbre, draguer les filles ou se faire des amis ». Ta question est intéressante car il me semble ne jamais me l’être posé. Peut-être que je ne recherche rien en particulier ? Je pourrais te dire que j’ai toujours aimé raconter des histoires, mais trouve cette réponse banale et clichée.  Plus jeune, je pensais, ou espérais de façon naïve, pouvoir le faire par le cinéma. J’ai toujours rêvé de devenir réalisateur, de créer des films. Rêve d’ado. Le cinéaste Guillaume Nicloux a dit une fois qu’il s’était tourné vers l’écriture, avant de faire du cinéma, car il voulait raconter des histoires et que cela coutait moins cher d’écrire un livre que de réaliser un film. Cela fait écho à ma propre expérience même si aujourd’hui l’écriture m’apporte une liberté totale, sans entrave ni censure.  J’écris ce que j’ai envie d’écrire en y mélangeant ce que je sais de la vie, de l’amitié, de l’amour, du travail et du sexe.

C’est tout ça qui donne de la vie au texte.

  • Quand tu écris le mot « fin » sur un manuscrit, qu’est-ce que cela représente pour toi ?

Nicolas : Le début des emmerdes. Car il va falloir bosser encore plus dur à partir de maintenant, supprimer ce qui ne fonctionne pas. J’aime les ambiances sombres, l’humour noir acéré et les dialogues incisifs. Il est souvent difficile de couper des chapitres entiers : On les aime, on a pris du temps à les écrire et finalement, après plusieurs relectures, on comprend qu’ils n’ont plus leur place, que l’on doit « les couper au montage » sans en perdre l’essence même du texte.

  • Les salons et séances de dédicaces sont-ils des étapes nécessaires dans ton activité d’auteur ?

Nicolas : Depuis septembre, je mouille ma chemise et enchaine les salons et surtout dédicaces en librairie. Je vois ce moment comme une belle occasion pour échanger avec le lecteur et un passage obligé (mais bien sur loin d’être une corvée) pour se faire connaitre.

  • Quel rôle joues-tu dans le choix du titre et de la couverture de tes romans ?

Nicolas : Eté pourri Melun-plage a tout de suite plu à mon directeur de collection. Nous l’avons gardé.  Le titre est bon, accrocheur et éveille la curiosité. Je tenais à ce titre, en quelque sorte un hommage au roman noir   Quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre  (A State Of Denmark) de l’écrivain britannique, Robin Cook, un roman noir bouleversant  et  traumatisant qui restera toujours l’un de mes livres de chevet et dont je conseille vivement la lecture (sauf peut-être aux dépressifs).

Pour la couverture, l’éditeur m’a fait des propositions que j’ai immédiatement validées.

  • Les blogs littéraires sont légion. Quel regard portes-tu sur ce qui est publié, notamment sur tes œuvres ?

Nicolas : J’ai moi-même animé un blog littéraire, entre 2004 et 2014 et partagé mes lectures sur les forums de discussion dédié au polar, bien avant la naissance de Facebook.  Je trouve cela positif.  Certains blogs sont très lus et, sans aucun doute, leurs avis sont importants. Ce sont des amoureux des livres qui savent partager avec passion.

  • Le livre numérique se développe de plus en plus. Comment ressens-tu ça ?

Nicolas : Je bosse dans l’informatique et mes amis me qualifient de geek, mais imaginer toute ma bibliothèque  sur une clé USB ne me fait pas bander. Comme beaucoup, j’aime l’objet. Je collectionne les livres de la Série Noire, j’en ai plusieurs centaines, les livres de Stephen King, les Sombres Rivages. Impossible pour moi de les remplacer par des fichiers pdf ou epub.

  • Quelle serait ta définition d’un bon libraire ?

Nicolas : Quelqu’un d’humain, de  passionné, ouvert d’esprit et respectueux.

  • La France reste un des rares pays où les auteurs sont peu nombreux à être représentés par un agent littéraire. Selon toi, c’est une bonne ou mauvaise chose ?

Nicolas : Je suis trop jeune dans le milieu pour avoir un avis.

  • Quel livre n’aimerais-tu surtout pas écrire ?

Nicolas : Un livre sur la couture ou la poterie. Il faut bien répondre quelque chose non ? J’essaye déjà d’écrire le livre que j’aimerais lire ! Ensuite je pourrais me poser la question du livre que je n’aimerais pas écrire… mais je ne me la pose pas car je sais que j’aime faire ce que je veux et j’aime alors peu de chance que je me lance dans un projet que je n’aime pas. Vous me suivez toujours ?

  • Enfin, que dirais-tu aux lecteurs pour les encourager à lire tes romans ?

Nicolas : Vous aimez les thrillers, avoir la peur au ventre, des frissons dans le dos et entrer dans la peau du héros ? Je n’ai rien à ajouter, lisez « été pourri à Melun plage »

Merci Nicolas d’avoir répondu à nos questions.

À propos de l'Auteur

Nicolas Duplessier est né en 78, à Melun. Dans les années 90, il est un ado de la génération Vidéo Futur, chaque week-end il se gavait de VHS et voulait, de façon naïve, travailler dans le cinéma. Il a toujours rêvé de devenir réalisateur, de créer des films. Le cinéaste Guillaume Nicloux a dit une fois qu’il s’était tourné vers l’écriture, avant de faire du cinéma, car il voulait raconter des histoires et que cela coutait moins cher d’écrire un livre que de monter un projet cinématographique. Cela fait écho à sa propre expérience même si aujourd’hui l’écriture lui apporte une liberté totale, sans entrave ni censure.

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