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La Voie du Talion

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Répondant à la proposition de Fabien Hérisson de présenter notre premier thriller La Voie du Talion, thriller psychologique écrit à deux mains qui paraîtra le 29 avril aux éditions Aconitum, Erik et moi-même nous sommes volontiers pliés à l’exercice, chacun de notre côté.

Et pour une fois, on a décidé de ne pas « fusionner » ! 😉

Voici donc le résultat… première expérience d’écriture vue par Erik, tout d’abord, puis moi-même…

 

ERIK :

De la philo au thriller

L’expérience de 25 ans d’enseignement de la philosophie en lycée m’a finalement convaincu que l’on pouvait dire davantage dans un thriller que dans n’importe quel essai ou durant une année de cours.

Le thriller est l’absinthe, là où la philosophie n’est plus qu’un verre de grenadine tellement dilué que son goût en est devenu insipide.

Café-philo, la minute philo, philo kiosque… et tutti quanti… Elle est partout, banalisée à l’extrême, de sorte que cette transparence l’a neutralisée.  …La philo, dont les programmes scolaires ont été aseptisés a donc rejoint les rangs du politiquement correct et a trouvé sa place dans cette grandiose société « transluvide » intercontinentale.

Je persiste à penser que les vrais philosophes, ceux qui ne craignaient pas de faire œuvre de subversion, de chambouler les esprits, les consciences, l’opinion et le prêt-à-penser en n’écrivant rien, mais en parlant sans mâcher leurs mots, …ceux-là, les Epictète, Sénèque, Epicure ou Marc-Aurèle… doivent être, du fond de leurs tombes, morts de rire ou de rage.

Ma vie à 18 ans a commencé comme un thriller… Adrénaline, rythme soutenu… Service militaire dans l’Infanterie de Marine, arts martiaux, jobs polymorphiques : pigiste, délégué pour France loisirs, formation de préparateur en pharmacie, usine, pion, maître d’internat, études de philosophie pour finalement m’assoupir dans l’idéalisme naïf de l’enseignement…

Il m’a fallu vingt-cinq ans pour sortir de ma caverne. Ce premier roman écrit avec ma compagne Alexandra est une libération. Pouvoir écrire, enfin, ce qui ne se dit pas !

Violence, sexe, manipulation, corruption…, bref ce qui fait le quotidien du téléspectateur assidu du journal de vingt heures, mais qui n’est pas assez noble pour la Grande Littérature et dont il ne faut pas parler sous peine d’être catalogué, au choix réac, miso-phallocrate, mal pensant ou complotiste !

Le thriller est l’un des trop rares espaces de liberté qu’il reste pour exprimer les sensations qui caractérisent une vie authentiquement vécue.

Le lecteur prend ce qu’il veut.

Il est libre d’acheter ou non un thriller.

Libre de le lire ou non. De le commencer et ne pas l’achever s’il est déçu. L’auteur ne lui demandera pas de rendre des comptes et le lecteur n’ira pas se plaindre du nombre de cadavres ou des scènes torrides ! Cette fiction chacun en fait ce qu’il veut selon ses dispositions. Que cela ouvre de nouveaux horizons, incite à approfondir ou que cela navre, peu importe. Le temps d’une lecture on ressent autre chose que le poids du quotidien avec son lot d’impôts de taxes, d’interdits envahissants. Ce pauvre quotidien transparent, interchangeable, insipide.

Plus un thriller sera noir, plus il sera l’antidote à l’intoxication « transluvide » ! Le thriller est le pharmakon des temps présents.

C’est ce que nous espérons que La Voie du Talion illustre…

 

ALEX :

Le thriller, un exorcisme…

Le thriller La Voie du Talion est né d’une volonté commune d’écrire sur le thème du traumatisme et de la manipulation.

 

Erik, cela faisait quelques années déjà qu’il avait lâché les bancs de l’école où il enseignait la philo pour cultiver son propre jardin, à l’écart d’une société qu’il ne comprenait plus vraiment. Loin des hommes devenus indifférents. Transparents…

Écrire, il en avait eu l’envie. Mais pour quoi écrire ? Et surtout pour qui ? À quoi bon ?…

Et puis, j’ai débarqué chez lui avec mes blessures à l’âme, mon idéalisme égratigné… et mon manque de confiance.

Pour la première fois, la compréhension mutuelle était là alors que l’on traversait tous les deux la vie avec un amer sentiment d’étrangeté… Jusqu’à ce qu’à notre rencontre.

Pour une fois, enfin, le sentiment de regarder le monde avec les mêmes lunettes… Le même décodeur…

Même regard lucide du prisonnier qui vient de rompre ses liens et sortir de la caverne.

Même regard inquiet sur une société où la consommation et l’égoïsme avaient fini par digérer l’homme et ses valeurs pour en faire une machine à consommer et à jouir.

Quel qu’en soit le prix.

Dans une quête frénétique du plaisir, écraser son prochain est devenu une nécessité pour réussir et s’épanouir. À tel point qu’aujourd’hui « on ne consomme plus seulement des biens matériels […] on consomme des êtres humains », écrit le psychiatre et criminologue Dominique Barbier dans La Fabrique des pervers publié en 2013 aux éditions Odile Jacob.

En quelques mois, je me suis pris de plein fouet toute la noirceur du monde. Ça a été un peu comme passer de Paul et Virginie à 1984 d’Orwell, sans gilet pare-balles et sans préparation mentale. Une expérience traumatisante. Sans blessure apparente, pourtant.

Alors, pour digérer tout ça, j’ai pris la plume et j’ai écrit, pendant des mois et des mois. Des choses personnelles.

Et puis plus universelles.

Le thriller m’a finalement paru la forme d’écriture la plus apte à faire passer à la fois des émotions et une certaine vision du monde.

Mais comme je ne suis jamais sûre de moi, j’ai demandé conseil à Erik. Qui a commencé à ajouter son grain de sel. Et a retrouvé goût à l’écriture.

Voilà comment est née l’écriture à deux.

Et La Voie du Talion, un thriller où se rencontrent l’être humain avec ses failles et ses blessures et le manipulateur, son clone dénué d’empathie. …Pur produit de la société moderne où l’on consomme, déchiquette puis l’on jette.

Dans ce roman, la soif de puissance et de domination rencontre l’être humain avec ses failles et ses faiblesses. Un roman où le bien et le mal ne sont pas forcément là où on le pense. Et où le chemin à suivre n’est pas toujours celui tout tracé. Il faut parfois sortir des rails pour ne pas se perdre totalement. Emprunter la petite route cabossée qui n’est pas forcément la plus confortable, mais est pourtant la seule qui peut nous conduire là où le devoir nous appelle.

Si vous voulez en savoir plus, il ne vous reste plus qu’à suivre la Voie vous aussi…

A propos de Alexandra Coin

Auteure de thriller et romans noirs, j'écris essentiellement à deux mains avec mon compagnon, Erik Kwapinski. Notre premier roman, "La Voie du Talion" paraîtra le 29 avril aux éditions Aconitum.

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