ACTUALITÉS

Le monde d’en bas

Donnez une note à cette publication
Nb de votes : 4 / Moyenne : 5

Alain Bron n’est pas danseur classique mais il maîtrise le grand écart (toi qui me lis, si tu es auteur et que tu as besoin de métaphores fouillées pour ton prochain roman, tu constates là que je peux t’être utile). Le grand écart entre ses deux derniers romans est à la limite du claquage mais l’auteur est échauffé, il maîtrise, il assure. Rappelle-toi, je t’avais parlé de son expédition au « Vingt-sixième étage » dans le monde abêtissant de l’entreprise, et voilà qu’à présent il nous plonge sous terre, dans « Le monde d’en-bas ». A altitude différente, genre différent, ici, c’est de polar dont il s’agit, un polar qui s’ancre dans la réalité de l’Histoire avec un grand H.

Sachant que son local se situait dix mètres sous terre au sud des jardins du Palais Royal, il pouvait s’y échapper par le nord, via un égout qui donnait juste en face du restaurant du Grand Vefour ;  par l’est dans un boyau qui suivait la Galerie des Proues ; et par le sud, son chemin habituel, dans un étroit conduit qui aboutissait dans le collecteur principal le long de la ligne de métro 1.

Ettore Bisulli, la soixantaine passée, vit là, terré entre métro et égouts. Un monde souterrain pour se cacher, un monde dans l’obscurité pour ne plus être vu. Qui est donc cet italien ? Et qui fuit-il ?
On a un mort sur la voie du métro et des enquêteurs sur les dents, on a un éditeur qui sent le bon filon et ne veut pas le perdre, et on a ce Federico tout droit sorti de l’Italie des années 70 appelées les années de plomb, une époque où un activisme politique violent de couleur rouge se voulait en lutte contre le capitalisme. Alain Bron manipule alors tous ces personnages dans les méandres d’un sous-sol imprégné de sueur froide, et ils tournent et ils virent, et ils cherchent, et ils se perdent et nous, lecteurs, sommes aussi baladés, trimbalés et manipulés, et cela, pour le plaisir d’un final qui laisse sur le cul (prends note, métaphore fouillée ET distinguée).
Entre Milan et Paris, entre les Brigades Rouges et la Crim’, tu passeras un moment de lecture distrayant, captivant et instructif, alors go !

In Octavo Editions (2015)
327 pages

A propos de Au Pouvoir Des Mots

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Voir aussi

Le monde d’en bas

Donnez une note à cette publication Nb de votes : 9 / Moyenne : 5 Une fois encore,Alain Bron est ...